Traitement des pertes osseuses

Les pertes osseuses cavitaires et segmentaires sont prises en charge chirurgicalement. Plusieurs alternatives sont possibles :

Prélèvement d’os sur le patient lui-même (os autogène)

A partir d’une zone anatomiquement distante (par exemple la crête iliaque). C’est l’approche la plus fréquente car l’os autogène a une parfaite comptabilité immunologique et recèle des cellules et des facteurs de croissance favorables à la reconstruction de l’os « ad integrum ». Mais cette solution est mutilante au niveau du site de prélèvement du greffon. En conséquence le risque chirurgical (risque infectieux et hémorragique) est plus grand et le suivi post-opératoire est plus lourd. D’autre part l’os disponible est limité en volume.

Utilisation de banques d’os (donneurs vivants ou décédés)

Il s’agit d’os récupéré chez des donneurs (vivants ou décédés) : chez l’homme suite à des interventions (têtes fémorales) ou à partir de cadavres humains (allogreffes) ou animaux (xénogreffes). Cet os stocké dans des banques de tissus répond à un besoin de volume osseux conséquent mais présente un risque immunologique et infectieux.

Compensation de pertes osseuses par des matériaux synthétiques

Les inconvénients des autogreffes et de l’os de banque expliquent l’utilisation de plus en plus grande de matériaux synthétiques, illimités en volume, sans risque immunologique ou infectieux. Suivant leur nature ces matériaux biocompatibles sont :

  • Bio-tolérés par l’organisme : c’est le cas des matériaux métalliques (par exemple titane) et polymères type PMMA (Poly Méthyl Méthacrylate) ou PEEK (Poly Ether Ether Ketone) qui compensent la perte mais se substituent à l’os. Ils sont tolérés par l’organisme mais souvent enveloppés d’un tissu fibreux réactionnel.
  • Inertes : (cas des céramiques de type zircone ou alumine) et dans ce cas ils n’entraînent pas de réaction de l’organisme.
  • Bioactifs : de même composition chimique que l’os minéral les phosphates de calcium (hydroxyapatite, phosphate tricalcique) sont reconnus par les cellules comme de l’os. Poreux, les implants guident la colonisation osseuse et sont de fait, les meilleurs candidats pour compenser la perte d’os. Ils se présentent dans des formes standard à adapter ou sur-mesure  directement à partir du scanner des patients pour une adaptation anatomique plus précise et une meilleure colonisation osseuse.